mercredi 14 septembre 2011

Le révélateur libyen.

In lanation.info
Salima GHEZALI
Mardi 13 Septembre 2011


La crise libyenne a fonctionné comme un révélateur des points d’ombre de la crise algérienne. On a pu voir en Libye des révolutionnaires se liguer contre un dictateur en s’appuyant sur une intervention militaire de l’Otan. L’alliance entre ces révolutionnaires recouvre l’ensemble du spectre politique libyen : Libéraux, anciens membres du gouvernement, djihadistes, représentants des tribus et autres monarchistes éventuels. Pas question pour autant d’un quelconque contrat politique de type « sant Egidio » capable de mettre des balises à l’exercice politique.


[Reuters/Ramzi Boudina] Le général américain Carter Ham (à gauche) et le haut responsable militaire algérien Youcef Madkour (à droite) arrivent pour une conférence de presse à l'ambassade des Etats-Unis à Alger.
[Reuters/Ramzi Boudina] Le général américain Carter Ham (à gauche) et le haut responsable militaire algérien Youcef Madkour (à droite) arrivent pour une conférence de presse à l’ambassade des Etats-Unis à Alger.
Cet attelage disparate a incarné la révolution libyenne jusqu’à la chute de Tripoli malgré des tensions manifestes et quelques coups de Jarnac sur lesquels les médias ont eu la politesse de ne pas s’arrêter. Sur la question libyenne l’éventail politique algérien s’est scindé  entre partisans et adversaires de l’intervention militaire étrangère avec une large prépondérance de ces derniers. Une fracture qui n’a épargné aucun courant politique. Hormis Belkhadem et quelques spécimens du cru,  les soutiens à Kadhafi n’ont pas été nombreux. Le régime a voulu faire croire à sa neutralité en restant aphone pour ne pas gêner le cours des choses, quitte à endosser la posture « nationaliste » réservée à l’égard de l’intervention étrangère une fois la séquence inaugurale de la crise libyenne achevée. Chacun a pu se rendre compte que malgré le vacarme des « otanisateurs » locaux et du CNT l’Algérie officielle  est restée sagement dans son coin. Aussi sourde devant les imprécations criminelles de Kadhafi que muette face aux provocations les plus outrancières de certains membres du CNT. Et c’est avec toute la candeur de la parole retrouvée que se multiplient les interventions du ministre algérien des affaires étrangères pour affirmer la neutralité de l’Algérie maintenant qu’un front s’est ouvert sur le flanc est du pays pour que s’y jouent, à l’occasion de cette nouvelle guerre, les prolongations d’une guerre ouverte il y a vingt ans… pour que rien ne change.
A la dernière conférence  sur la lutte anti-terroriste au Sahel des 7 et 8 septembre  Alger n’a rien fait valoir comme vision stratégique. Le même discours sur l’antériorité de l’expérience algérienne, la question des rançons, du développement et bien-sur… de la souveraineté. Comme si cette dernière pouvait se passer de la formulation d’une doctrine militaire inspirée d’une vision politique partagée par une population se reconnaissant dans ses institutions. Entre une politique étrangère aphone et une doctrine militaire floue on retombe sur des propositions de réformes dont rien n’indique qu’elles annoncent une issue raisonnable à une crise interminable.
Voici donc un pays dont la population, qui a déjà payé un prix terrible à la guerre, qui passe d’une émeute à l’autre pour des raisons de mauvaise gouvernance, à qui l’on propose de renforcer les éléments du statu- quo. Car ces réformes ne sont rien de plus que la consolidation  de ce qui occupe la vitrine du système de pouvoir. Il ne semble pas que les invités de la commission Bensalah pas davantage que ceux de Babes aient joué un grand rôle en faveur du changement. Tout comme les appels à manifester  lancés par la CNDC en février dernier et le parti-pris manifeste des médias dominants sur la Libye n’ont suscité d’échos autres que réprobateurs au sein de la population algérienne. Par ailleurs, alors qu’il aurait été logique de s’attendre à ce que les réseaux d’amitié franco-algérienne se mobilisent pour faire entendre la voix de l’Algérie sur la question libyenne ceux sont uniquement les réseaux d’amitié algéro -française  qui ont porté haut et fort la voix de la France. Plus que la France elle-même, c’est l’inégalité des rapports qu’elle instaure qui cristallise les crispations.  Or cette inégalité trouve sa source dans la nature du système de pouvoir en Algérie dont les réseaux défendent le régime et non le pays. Qu’ils s’alignent sur Kadhafi ou sur la France, ils ont une même finalité stratégique.
C’est cette faiblesse de la « profondeur stratégique » du régime au sein de la population que des textes de lois et des promesses d’ouverture de l’audio-visuel vont essayer de contourner avec l’espoir  de transformer les algériens en « otanisateurs » dociles ou en « nationalistes » partisans acharnés du pouvoir après leur avoir imposé  dix ans durant une guerre terrible au nom de la lutte contre « le terrorisme islamiste. »
Comble de l’humour c’est un pouvoir islamiste à forts relents djihadistes que l’Otan et la France ont installé dans le chaos libyen qui s’annonce à nos frontières. La guerre globale ne s’encombre pas de crispations idéologiques. Elle laisse cela aux élites des pays « du champs » où elle peut semer et récolter à son aise.

samedi 10 septembre 2011

Sauver la peau par le drapeau
par Kamel Daoud
« Tous derrière le peuple puisque le peuple n'est pas derrière nous». C'est le slogan du régime et de ses petits-fils en ces jours de doute et de peur pour la peau et pas pour le drapeau. Le programme «tous unis, même si tous on n'est pas tous riches» vient d'être lancé pour éviter l'effet contagion du cas libyen. La recette ? Ancienne comme les fossiles : expliquer que l'Algérie est visée par un complot. Deux, appeler à la mobilisation contre un ennemie moyen, et crier au terrorisme dans le Sahel ; et trois, expliquer que le pétrole va être volé par des étrangers. Avec quel haut-parleur ? L'habituel Sidi Saïd qui vient de lancer l'idée d'un remake du CNSA (Comité national de sauvegarde de l'Algérie). Le CNSA avait servi à stopper la montée programmée du FIS durant les années 90 et peut servir aujourd'hui à rappeler ce souvenir. La ruse est habile : il s'agit de réactiver le traumatisme des années 90 en parlant du cas libyen et de présenter le régime comme seule barrage possible, comme à cette époque. Pour le sous-titrage, Sidi Saïd ne va pas chercher loin, là aussi, en terme de créativité : la métaphore est celle déjà usée par Boumediene, avocat de la souveraineté nationale par les hydrocarbures.

 Que dit Sidi ? «Le pétrole qui est imbibé du sang des martyrs de la guerre de libération nationale et du sang de ceux qui ont défendu l'Algérie contre le terrorisme et que personne ni aucune génération ne peut trahir». Le paradoxe est le même depuis Boumediene : si le pétrole est le sang du martyrs, comment peut-on le vendre dans des barils ? Le Régime n'est-il pas coupable de la plus haute trahison, vendre le sang des martyrs, et nous de la plus haute infamie, en manger chaque jour ? Bien sûr, on n'a pas été consultés quand il s'agissait des grands contrats pétroliers et des grandes concessions, on n'est pas autorisés à se promener près des puits ni dans les comptes de Sonatrach, on ne nous dit rien de ce qu'a fait Chakib Khellil ou pas, mais quand il s'agit de défendre le pétrole, on nous rameute comme un bouclier humain.

 Ensuite ? Ensuite Sidi Saïd si peu élu, depuis si longtemps subi, qui n'a rien dit sur rien depuis des mois, ose des définitions de la politique, appelant les Algériens à «se dresser contre toutes velléités d'exportation vers notre pays d'une démocratie définie dans des laboratoires étrangers». La raison ? «On n'en veut pas ! L'Algérie a des traditions ancestrales dans ce domaine, elle les défendra jusqu'au bout !» Quelles traditions ? La fraude, le bourrage d'urnes, l'usage du syndicat comme caisse noire et comme berger électoral, le filtrage des candidatures à la source, le verrouillage de l'ENTV et la matraque et le téléphone en guise de Justice. Faisant dans la poésie, Sidi expliquera à la fin, sans pensée pour les milliers de travailleurs algériens du textile réduit à coudre des souvenirs, que «c'est déjà beaucoup qu'ils nous exportent leur friperie, nous ne voulons pas de leur démocratie !» Que faut-il penser de cette préhistoire qui veut faire l'histoire ? Ce que vous pensez déjà : on nous prend encore pour des moutons. Il y a, comme dit plus haut, un usage ridicule du bouclier humain pour éviter les bombardements ciblés. Le régime essaye de nous rassembler autour de lui pour se faire passer pour nous. La seule différence est donc dans les habits. Vue du ciel, on peut reconnaître le peuple habillé de friperie et le régime habillé d'une fausse démocratie. Facile à cibler donc. Pour le reste, il ne faut même s'étonner de voir Sidi Saïd ne rien dire sur souveraineté habillée de friperie, 50 ans après l'indépendance et beaucoup dire sur la démocratie qu'il veut combattre.

Algérie : Le régime algérien craint que l’armée bascule du côté du peuple


9 septembre 2011

Par Djamaledine Benchenouf

L’évidence est aveuglante, en effet. Ce régime est en fin de ressources, et il le sait lui-même. Mais lui est aveuglé par les propres tares, la voracité, et la mégalomanie de ses barons. Aujourd’hui, épouvanté par les révolutions populaires qui ont fait vaciller, puis s’effondrer les régimes despotiques voisins, ce régime, plutôt que de prévenir une révolution violente, et de se résigner à rendre les clés de la maison, à son véritable propriétaire, le peuple algérien, il n’est préoccupé que d’une seule et unique inconnue: chercher à savoir, coûte que coûte, ce que sera la réaction de l’armée en cas de soulèvement populaire, et se la concilier, par tous les moyens.

C’est pour cela qu’il a très mal perçu la réaction des armées tunisienne et égyptienne. Il aurait voulu que celles-ci tirent sur les manifestants, qu’elles les empêchent de chasser les despotes qui les broyaient.
Aujourd’hui, il n’est obnubilé que par cette question. Rien ne le préoccupe davantage. Parce que hormis cette inconnue, il croit avoir pris toutes les précautions utiles. Les effectifs sécuritaires, entre policiers, gendarmes et miliciens, qu’il a alignés pour une répression programmée dans ses moindres détails, les augmentations de salaires exorbitantes, avec effet rétroactif sur trois années, qu’il a consenti à tous les policiers, gendarmes et militaires, les armements et une batterie ahurissantes de moyens qu’il a mis en place, pour réprimer toute velléité populaire de soulèvement, ne souffrent que d’un seul impondérable: La réaction de l’armée.
Et les rumeurs qui circulent depuis plus de deux mois, dans des milieux d’officiers algériens ne sont pas pour le rassurer. Des milliers d’officiers font savoir, en effet, à leur manière, et au sein de leur propre institution, que le régime ne devra pas les solliciter pour faire tirer sur la population, et que bien au contraire, s’ils estiment que le peuple est l’objet d’exactions qui passent la limite de la légalité, leur camp naturel serait du côté de leur peuple. Comme en Tunisie, et comme en Egypte. Et c’est là le principal problème de l’heure pour le régime, le seul et le plus important en l’occurrence, qui est totalement tabou, et qu’aucun média n’a seulement évoqué, serait-ce par allusion.
C’est cela en effet le problème qui empêche les barons du régime de dormir, et qui les pousse à des attitudes qui frisent la panique, comme de déplacer leurs capitaux des banques américaines et européennes pour les placer dans les pays du Golfe, au Venezuela et autres pays receleurs.
En ce moment même, il règne au sein de l’armée algérienne un climat de chasse aux sorcières, où le DRS joue le même rôle que dans les années 90 où il lançait des traques qui finissaient souvent en assassinats, contre tous les officiers suspectés seulement d’avoir des sympathies islamistes. Aujourd’hui il n’a plus les moyens de ses turpitudes, et il ne peut plus faire assassiner une majorité de jeunes officiers. Trop nombreux, en une période qui n’est plus aussi permissive que pendant la décennie rouge. Mais il tente de leur faire peur, en même temps qu’il tend la carotte aux plus charismatiques d’entre-eux.
Mais tant va la cruche à l’eau. Lorsqu’un régime s’est imposé par la peur et le carnage, et qu’il ne peut plus se livrer à de telles extrémités, ceux qui se taisaient, ou qui se terraient, parce qu’ils craignaient pour leur vie, s’enhardissent et se manifestent de plus en plus ouvertement. Et ceci entraînant cela, le nombre des officiers qui affichent leur ralliement à leur seul peuple, comme on brandit un étendard, devient de plus en plus massif.
Le régime est effrayé
C’est cela qui a jeté l’effroi dans le cœur des barons du régime. Car l’armée était leur principale garantie de survie. Aujourd’hui, ils ne craignent pas seulement que l’armée ne se range pas de leur côté, contre le peuple, mais ils savent, sans l’ombre d’un doute, que si le soulèvement est massif, l’armée algérienne serait à l’avant garde de la révolution. C’est cela le nombre d’or de la formule, si je puis dire. Et c’est pour cela qu’il nous faut multiplier les appels à nos frères officiers, sous-officiers et hommes de troupe.De leur engagement à nos côtés dépend la suite des évènements. Il suffirait qu’ils fassent connaître massivement leur intention de rallier la cause du peuple pour que ce régime abdique. Car les exemples des despotes qui ont été balayés sont là pour lui rappeler qu’il est de son intérêt, celui des barons qui le composent, de leurs clientèles et de leurs parentèles, qu’ils remettent les clés de la maison à son véritable propriétaire. De façon franche et irrévocable. Sans chercher à tergiverser, ni à ruser. Le temps n’est plus au replâtrage, mais à la démolition de tout l’édifice mafieux, et à l’avènement d’un Etat de Droit.
Ces barons du régime peuvent épargner au pays, et surtout à eux-mêmes, de lourdes conséquences. Les situations comme celles que vit notre pays, lorsqu’elles dégénèrent, peuvent devenir incontrôlables. Elles peuvent déboucher sur des tragédies immenses. C’est à eux qu’il appartient aujourd’hui de rendre ce pays à son peuple. Il leur sera tenu compte de cette sage résolution, si elle se produit. Et ils pourront peut-être jouir du fruit de leurs rapines, si le peuple le leur permettra, pour avoir su éviter de faire couler son sang. Sinon, le peuple algérien et son armée sauront qui aura été le principal responsable de toute tragédie qui viendrait endeuiller, encore une fois, les Algériens. Et ils sauraient que toutes les souffrances inutiles qui auront été infligées au peuple n’auront été dictées que par le désir de s’accrocher au pouvoir, juste pour pouvoir continuer à piller le pays, au prix d’un fleuve de sang. A Dieu ne plaise !
D.B

vendredi 2 septembre 2011

Gaver le peuple pour éviter l’explosion et…..la Révolution !

Rentrée sociale : La stratégie du pouvoir…

El Watan, 2 septembre 2011

Cartables pour les écoliers , opération spectaculaire de relogement à Alger, des locaux commerciaux pour les vendeurs informels , recrutement massif des chômeurs du Sud… Le gouvernement a passé l’été à préparer un plan pour contrer toute contestation à la veille de la rentrée sociale , El Watan Week-end décortique la stratégie du pouvoir.

«Agitée et bouillonnante», la rentrée sociale 2012 annonce un bras de fer houleux entre le pouvoir et la société civile. Si celle-ci s’apprête à passer à l’offensive, le gouvernement quant à lui réserve des réponses à tout. Ainsi une stratégie a été mise en place par le pouvoir pour parer à d’éventuelles manifestations ou mouvements de colère. «Les consignes sont claires, chaque département ministériel doit impérativement débloquer les dossiers en suspens. Les directives du Président ainsi que celles du Premier ministre insistent sur le fait de procéder immédiatement à des négociations avec les partenaires sociaux, procéder à la distribution des logements finis, pousser les entreprises à créer de l’emploi, combattre la bureaucratie sous toutes ses formes et réserver le meilleur accueil aux citoyens. Pour cela, les walis sont mis à contribution pour une prise en charge accrue des besoins des citoyens», révèle une source du palais du gouvernement. Au ministère de l’Intérieur, on se prépare aussi à faire face aux mouvements de protestation.

«Le gouvernement entamera bientôt une série d’annonces pour une meilleure prise en charge des besoins des familles, notamment celles ayant des enfants scolarisés. Le gouvernement est conscient de la rentrée difficile pour nombre de chefs de famille. Une enveloppe budgétaire a été prévue à cet effet, tout cela pour dire qu’aucun sit-in, manifestation ou mouvement de colère – comme vous avez l’habitude de les qualifier – ne seront pas tolérés et les forces du maintien de l’ordre ont reçu des instructions claires, interdire tout rassemblement, en respectant les lois de la République. Je pense qu’il est temps de privilégier le dialogue et les négociations au lieu de sortir dans la rue, je le réitère toutes les voies du dialoguesont ouvertes», nous a annoncé une source proche du cabinet du ministre de l’Intérieur. Et des mesures, le gouvernement en réserve à satiété, à en croire nos sources, à commencer par le logement.

Alger, hermétique durant une semaine

Alger connaîtra à partir de demain sa plus grosse opération de logement depuis l’indépendance, quelque 3000 familles algéroises habitant des logements de fortune ou précaires, et celles des chalets du séisme de 2003 seront relogées dans des cités nouvellement construites, éparpillées dans la banlieue d’Alger. Pour ce faire, Alger sera quadrillée par un important dispositif sécuritaire qui s’ajoutera à celui déjà mis en place. «Les cités connaîtront durant les quatre prochains jours cette opération de relogement, un déploiement des forces du maintien de l’ordre et les issues seront fermées. Les entrée et les sorties dans ces cités seront contrôlées afin de parer à d’éventuels mouvements de protestation des familles non bénéficiaires et des intrus. Les précédentes opérations ont été riches en enseignements, nous ne pouvons plus renouveler ces expériences», nous explique une source à la DGSN. Allusion aux troubles qu’ont connus certaines localités du pays avant le Ramadhan. Notamment celle d’Alger, à l’image de Diar El Kef, Diar El Mahçoul, Diar Echemss, Baraki, Les Palmiers de Bachdjerrah… Les autres wilayas suivront dans les prochains jours ; Constantine et Oran seront les prochaines.

Marchés informels, en attendant la régularisation

Concernant la problématique des marchés anarchiques installés un peu partout dans le pays, notamment ceux des grandes villes, à leur tête Alger, les autorités locales ont été instruites pour procéder immédiatement à la distribution des 100 locaux promis par le président Bouteflika pour chaque commune. La création de marchés de proximité réglementés sera également, selon nos sources, «la priorité tracée par le gouvernement pour réglementer ces marchés anarchiques et permettre une meilleure réorganisation de l’espace public et le retour au calme. Car depuis janvier dernier, nous avons observé que ces étals sont devenus une source de nuisances et de troubles jusqu’à enclencher des émeutes». Les autorités locales sont tenues de trouver, en l’espace d’un mois, des assiettes foncières pour installer ces nouveaux marchés et procéder au recensement des vendeurs informels pour leur régularisation, des mesures fiscales – exonération d’impôt – ont été aussi prises à leur profit. «Cela permettra de créer de l’emploi pour le fonctionnement de ces marchés», assure notre source des services du Premier ministre.

L’huile et le sucre…à table

Les mesures prises au lendemain des émeutes de janvier dernier, lors du Conseil des ministres, seront reconduites. Les exonérations d’impôts et autres encouragements fiscaux aux profits des producteurs et surtout des importateurs ont été consolidées dans la loi de finances complémentaires 2011. Ainsi, les pouvoirs considèrent ces deux produits de première nécessité comme étant la source n°1 des mouvements de contestation, même si sur le terrain, rien ne l’a prouvé. Les conclusions du rapport de l’enquête parlementaire diligentée en avril dernier n’ont pas été rendues publiques «à la demande du gouvernement», affirme une source. Pour d’autres, le rapport pondu par la commission d’enquête parlementaire n’est qu’un règlement de comptes, les visées renseignent sur le profil de certains députés affairistes à la solde du pouvoir, selon des députés issus de l’Alliance présidentielle elle-même.

Métro…faut qu’il roule

Amar Tou, ministre des Transports, devrait impérativement faire marcher le métro à la date annoncée, soit le 31 octobre prochain. La raison, faire oublier aux Algérois leur désarroi quotidien, la capitale manque cruellement de moyens de transport et le secteur connaît une anarchie en plus du dispositif sécuritaire qui étouffe la vie des habitants et des voyageurs. Le lancement du métro d’Alger après trente ans de travaux constitue une chance inespérée au pouvoir pour redorer son blason. L’ENTV et les autres médias publics ou privés proches du pouvoir seront mis à contribution pour amplifier l’événement. Ainsi le lancement sera inscrit dans les injazat (réalisations) du président Bouteflika.

Des billets à volonté

Le ministre des PTIC semble avoir trouvé la solution pour endiguer la crise de liquidités qui perdure depuis des mois. Il a annoncé la création prochaine d’une banque postale qui permettrait, selon lui, de recycler l’argent des épargnants dans le circuit courant, ainsi les citoyens seront à la fois les principaux pourvoyeurs de liquidités et les premiers bénéficiaires. Selon le gouverneur de la Banque d’Algérie, les ménages épargnent plus que les gros comptes. Un déséquilibre qui s’ajoute aux nombreuses anomalies constatées dans le système financier algérien. Le gouvernement avait aussi annoncé qu’un système interbancaire reliant la poste allait être mis en place. Il permettrait d’assurer l’argent dans toutes les agences à travers le pays.

Certaines banques et agences postales continuent toujours de refuser l’octroi de somme dépassant les 50 000 DA pour les banques et 20 000 pour les bureaux de poste. Autre solution envisagée et médiatisée ces derniers temps, la généralisation du paiement par carte et le paiement électronique. Une campagne médiatique sera incessamment lancée, selon nos sources, pour promouvoir les bienfaits du paiement par carte. En attendant, les TPE (terminaux de paiements électroniques) n’ont pas encore vu le jour dans les agences de Sonelgaz et de l’Algérienne des eaux, ni d’ailleurs dans les grandes surfaces.

Vite, vite distribuez les cartables !

Pour la deuxième année consécutive, la rentrée scolaire coïncide avec la fin de Ramadhan et l’Aïd El Fitr, un mois de forte consommation où le budget des ménages est lessivé. En plus de l’enveloppe supplémentaire octroyée par les pouvoirs publics pour parer aux dépenses des familles démunies, selon plusieurs sources, les autorités ont demandé aux entreprises publiques et privées de procéder immédiatement «à la distribution de cartables et autres fournitures scolaires aux employés dans le cadre des œuvres sociales», atteste une source à la wilaya d’Alger. Certaines grandes entreprises, à l’image des opérateurs de téléphonie mobile, et les grands industriels, tel Cevital, ont été priées de contribuer à «l’effort et à la solidarité nationale» pour une rentrée scolaire confortable. Certains grands commerçants ont été aussi sollicités pour participer à l’opération cartable et fournitures pour chaque écolier, dont le nombre a atteint les 8 millions cette année.

«Le maire m’a demandé de participer à la campagne de solidarité au profit des familles démunies pour l’achat de fournitures, tabliers et cartables, ce que j’ai accepté sur-le-champ et j’ai même sollicité d’autres amis pour ce faire», confie un gros commerçant de Sétif. Même le ministère des Affaires religieuses a été mis à contribution pour réussir l’opération et «calmer ainsi les esprits», «les associations à caractère social et religieux en plus des zaouïas seront de la partie pour venir en aide aux familles nécessiteuses. Nous avons commencé le recensement avant Ramadhan. La même liste des familles qui ont bénéficié du couffin de Ramadhan sera reconduite. Maintenant l’opération est entre les mains de la société civile», révèle une source proche du ministère des Affaires religieuses et des Wakf.Le ministère de l’Education nationale et celui de la Solidarité nationale travailleront ensemble pour distribuer les dons et autres allocations prévus par la loi de finances 2011

Des emplois… à gogo

Tout pour endiguer la crise qui se profile, les chômeurs du Sud, à en croire nos sources, devraient attendre leur tour devant les bureaux de main-d’œuvre au lieu d’observer des sit-in devant les sièges des daïras et des wilayas de Laghouat et de Ouargla. C’est ce qu’a indiqué en tout cas notre source au Palais du gouvernement. «Le gouvernement a ordonné aux différentes entreprises du Sud, notamment dans les régions pétrolières, de recruter pas moins de 22 000 chômeurs locaux dans le cadre des différentes formules de soutien à l’emploi de jeunes décidées par le président Bouteflika lors du Conseil des ministres du mois de février.»
Pour les autres wilayas, l’Ansej demeurera la Mecque des chômeurs après le succès atteint le premier semestre de 2011. Les pouvoirs publics ont donc décidé des rallonges budgétaires au profit des différentes antennes de l’Ansej à travers le territoire national. Oran vient de bénéficier d’une enveloppe supplémentaire de 27 milliards de dinars.

Education

La rentrée sociale 2011-2012 s’annonce chaude, si l’on se réfère aux appels aux mouvements de protestation, lancé par les différents syndicats du secteur de l’Education. Et c’est la Coordination nationale des intendants du secteur de l’éducation nationale affiliée à l’UGTA qui ouvrira le bal avec une grève nationale reconductible pendant les trois premières semaines de l’année scolaire, à savoir, les 5,6,7,12,13,14 et 19,20,21 septembre. Les grévistes réitéreront les points constituant la plateforme mise en place le 21 février dernier. Les intendants ne s’arrêteront pas à cette action, puisqu’ils prévoient également de tenir un rassemblement devant les différentes directions de l’éducation à travers le pays, le 11 du moins courant, et ce, pour dénoncer, entre autres, l’écart entre les salaires des travailleurs de l’éducation, par rapport aux autres secteurs.

Le dossier des services sociaux figure également sur la liste des doléances de la coordination. De son côté, le Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE) indique, dans un communiqué, que les représentants des 31 wilayas ont convenu, lors de la dernière réunion du 23 juillet, d’observer un débrayage le 11 septembre à partir de 9h devant le ministère de l’Education. Le SNTE tient à rappeler ses principales revendications qui tournent autour de la révision du statut particulier avec une classification de ce corps à la catégorie 10 et la révision de la gestion des œuvres sociales.

Zouheir Aït Mouhoub , Lamia Tagzout

jeudi 25 août 2011

En ce 27e jour du Ramadhan : A LA MEMOIRE D’UNE VICTIME DE LA LACHETE ET DE L’IMPERITIE.

Par : Nourredine BELMOUHOUB

L’ignominieuse et massive déportation ayant accompagnée l’inconstitutionnel arrêt du processus électoral de Février 1992, planifiée et ordonnée par des néocolonialistes sans honneur, exécutée hors de tout cadre légal par des sous-fifres monnayables et corvéables sans bruit et sans cri et, encouragée par des nostalgiques de l’Algérie française ayant le pied à Alger , le cœur à Paris et le Nif sous le talon, dont furent victimes des milliers de citoyens, a en plus d’un cachet dénué de tout sens humain, obtenu à plus d’un titre, le mérite de dévoiler l’imperfection d’un système impitoyable et haineux.

Animés de sentiments propres aux despotes sans foi et sans loi, commanditaires, exécutants et leurs ouailles ont délibérément ignoré que, l’équité est basée sur le bon sens, la sagesse et la raison et non pas sur des calculs politiciens de circonstance. Faut-il rappeler aux décideurs d’alors, que lorsqu’on prétend se battre contre l’injustice, on doit choisir judicieusement sa bataille, qu’on ne combat pas la violence par la violence, et qu’on n’éradique pas l’ignorance par l’impéritie et la médiocrité, comme cela fut injustement le cas, c’est pourquoi, je m’accorde le droit, de remuer dans leur conscience (bien entendu, s’il leur en reste une parcelle)pour dire, et préciser à ceux qui ont une part de responsabilité dans le crime contre l’humanité dont nous fumes victimes, que ma bataille à titre de porte parole du Comité des internés des Camps de la Honte, est de savoir pourquoi nous avons été livrés sans aucun état d’âme à la radioactivité, nucléaire, chimique et bactériologique, et pourquoi continue-t-on à ignorer le paria de milliers de citoyens algériens qu’un cancer chaque jour détruit à petit feu, sans que cela n’éveille le moindre sentiment au sein d’une société ayant perdue ses repères, après avoir égaré ses valeurs morales et nationales. Qu’une telle affirmation ne soit pas prise pour une boutade. Regrettablement, elle est parfaitement vraie.

C’est par un vendredi, présumé jour saint chez la communauté musulmane – ou presque- que nous sommes sensés êtres, un vendredi qui était aussi le 27éme jour du mois, non moins sacré, de Ramadhan de l’an 1992, Ce vendredi ou un ancien moudjahid sexagénaire de son état, originaire de Sidi Bel Abbes, un des artisans de la libération nationale, le défunt Hadri Mellah, devenu unijambiste après avoir perdu un membre inferieur, au cours d’un héroïque accrochage, dans le mont de l’Ouarsenis au temps des hommes libres, face aux hordes de l’armée coloniale et leurs supplétifs dont certains sont à l’origines de notre déportation. C’est par ce vendredi jours saint de ce 27éme jour de Ramadhan, il y a 20 ans qu’un libérateur fut assassiné par balles au camp de Reggane, avec pour comble de la félonie l’impunité pour le Sergent Boualem (Hachakoum), pour assassinat d’un sexagénaire invalide de guerre, désarmé, interné arbitrairement, et comble de la lâcheté, derrière des fils barbelés

A la veille de Leilet El Ghadr, et à l’occasion de la 20 éme Commémoration de ce crime absolument abject dont fut victime le défunt Hadri Mellah, A titre de Porte parole du Comité de Défense des internés des Camps du Sud, en mon Nom personnel et en celui de toute ma famille, j’invite toutes celles et tous ceux qui ont du respect pour les valeurs humaines, sans considération de race d’origine ou de religion, d’avoir une pieuse pensée pour la victime, et de prier Dieu de lui accorder sa miséricorde. Dieu Vous compensera In Cha Allah

dimanche 7 août 2011

Oslo, ce que les sionistes ne disent pas,


Par Davidel

La gangrène de la colonisation sioniste dévore les terres saintes de Palestine comme la propagande judéosioniste en occident dévore les esprits des populations. Ils n’ont pas fini de m’écœurer. Après avoir fait des razzias sur toutes les finances islamiques (ottoman), en à peine un siècle, les sionistes ont vidé toutes les finances occidentales pour assurer la vie du sionistan.

Aujourd’hui, avant toute enquête ou la moindre preuve, la gangrène sioniste médiatique a immédiatement montré le coupable idéale : le musulman. Ceci prouve qu’ils sont derrière ses attentats d’Oslo. Les attentats terroristes à Oslo signent la fin des faux processus de paix que les sionistes ont engagé alors qu’ils continuent d’occuper plus de terre islamique.


Depuis quelques mois, beaucoup de messages nous étaient envoyés furtivement pour nous expliquer que de plus en plus de pays étaient prompts à reconnaitre la Palestine, et pour d’autres, l’ont déjà fait. Les négociations d’Oslo avaient pour but de débarrasser les occupants des territoires, et de reconnaitre un pays morcelé. Aujourd’hui, ces attentats ont été organisés par les services mercenaires sionistes pour indiquer aux européens et aux US, qu’il n’est plus question de négocier ou d’accorder la moindre parcelle aux palestiniens.

Oslo, c’était aussi la négociation de plusieurs pays…. du monde… puisqu’il y avait non seulement le gouvernement norvégien, les sionistes et la Palestine, mais derrière les comptoirs, il y avait aussi les US, l’Europe, la Russie et certains pays arabes. C’était donc le monde qui s’était assis autour d’une table pour écouter les mensonges sionistes. Ces attentats sont le signe d’une domination sadique et haineuse de l’ensemble des pays : c'est-à-dire, comme le disait le professeur Imran Hossein, la domination du monde à partir de l’entité sioniste.


Le chaos et la guerre contre le terrorisme sont directement liés à la croissance économique de cette petite pustule. Ils n’ont jamais autant vendu d’armement, de systèmes de radar, ou de systèmes de détection dans les aéroports, que depuis qu’ils ont organisé ces nombreux attentats. Vous remarquez que la méthode des lâches est simple : fomenter un attentat et envoyer la gangrène médiatique sioniste glisser rapidement vers les djihadistes, et le djihad mondial, en voilà un nom de groupe inventé pour faire référence à des musulmans, etc.…


Les imbéciles, à qui l’ont peut pardonner, et les fils de la gangrène colonisatrice, vont suivre la gangrène médiatique. Les autres vont analyser, et comprendre, et chercher ceux qui sont les vrais coupables. La gangrène médiatique est suspecte. Elle a un comportement étrange. Elle peut être directement liée à ces attentats terroristes sionistes puisque tous les medias appartiennent aux judéosionistes. Les medias ont même donné la parole à Rolland Jacquard, qui est un peu le commentateur Rolland du foot. Ecoutez ces balivernes. Ce garçon est payé : les balivernes terroristes de Rolland Jacquard….et bien merci Rolland…


Cependant, il y a des propagandes qui ne tiennent pas longtemps en raison, non pas de la désorganisation (peut-être un soupçon comme pour la pseudo mort de Ben Laden), mais d’un combat idéologique entre l’extrême droite fasciste occidentale et celle sioniste. Un exemple tout simple, celui de Murdoch : croyez-vous que des âmes sensible ont dénoncé les méthodes de Murdoch. Ce sont ses opposants politiques.


Prenons l’exemple du New York Times, d’Oboma et de certains medias même français faisant déjà référence aux musulmans, alors que les enquêteurs norvégiens ont de fort soupçon contre ce qu’ils appellent un « norvégien de souche et fondamentaliste chrétien » : un trentenaire d’extrême droite chrétienne.


Le plus surprenant est les paroles de certains représentants de l’OTAN. Obama et Fogh Rasmussen, secrétaire général de l’OTAN, ont appelé au soutien de l’OTAN à la Norvège. C’est la première fois que l’OTAN s’ingère dans les affaires d’un pays occidental.


On apprend au cours de l’enquête que ce terroriste sioniste n’était pas vraiment un chrétien fondamentaliste, mais un luthérien sioniste, appartenant à une loge maçonnique étant pour le sionistan. Toutes ces informations peuvent être dénichées en cherchant bien.


De plus, les militants qui avaient été visés par ce terroriste sioniste, étaient tous pour la création d’un état palestinien. Le terroriste sioniste se revendiquait pour le nouvel ordre mondial défendu par des sionistes depuis les attentats du 11 septembre. Nous savons aussi que les judéosionistes sont contre le multiculturalisme : Badinter, Claude Guéant, Sarkozy, Wilders qui a des liens avec l’entité sioniste etc… Nous savons aussi que l’extrême droite européenne et celle de tout l’occident sont infiltrées par les judéosionistes.


Cependant, ce terroriste international, puisqu’il avait des relations avec des entités extrémistes nationalistes yankees, n’est qu’une marionnette du nouveau débat sur le multiculturalisme. Il donne ainsi du grain aux idéologues sionistes qui n’ont d’ailleurs pas manqué de théoriser sur ce thème. Pour moi, l’attentat est programmé depuis des décennies. Mais c’est surtout l’idéologie qui a construit son propre programme. L’idéologie sioniste utilise des pantins à chaque moment de l’histoire, dans un but bien précis.


Aucune radio, ni aucun journal, n’a fait le lien entre l’ardent défenseur de l’entité sioniste, et les attentats contre les pacifistes pour le droit au peuple palestinien à disposer de leur vie. Aucune des gangrènes médiatiques n’a cité les écrits de ce franc-maçon sioniste : il est temps « de commencer à soutenir nos cousins civilisés, les israélites… », qu’il est nécessaire de combattre en faveur d’une « Europe judéo-chrétienne »… une lutte au soutien de l’entité sioniste pour combattre le djihad islamique… etc. C’est donc bien un fondamentaliste, non pas chrétien comme les sionistes le déclarent, comme pour appuyer la théorie du choc des civilisations, mais un endoctriné luthérien sioniste qui admire Netanyahoud, Libermann et tout fasciste judéosioniste.


Et enfin, ce qui me pousse à croire que ce sont les sionistes qui ont poussé et organisé ces attentats, ce sont les témoignages sur l’ile : ils précisent bien qu’il y avait plusieurs tireurs. Pour provoquer autant de massacre, il faut être plusieurs, déterminés, et parfaitement maître du terrain. Cela me rappelle les meurtres de tireurs d’élite lors des manifestations comme en Tunisie, en Égypte et aujourd’hui en Syrie… causer la mort, la terreur, pour proposer des projets autoritaires.


Il y a deux choses qui doivent être signalées : heureusement que le terroriste n’était pas prêt à se faire exploser dans les attentats, et Grâce à Dieu, la police a été assez sereine pour arrêter le criminel… car les musulmans étaient avant toute chose la cible de ces attentats et de la gangrène médiatique sioniste.

jeudi 4 août 2011

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Le terroriste et son Etat.

Salima GHEZALI

In La Nation.info


La manière de traiter du terrorisme informe parfois davantage sur celui qui donne l’information que sur celui qui en est l’objet. Le sort que l’on réserve aux criminels et à tous ceux qui contestent à des degrés divers l’ordre établi renseigne d’abord sur le type de société et de régime politique auquel on a affaire. On peut à juste titre souligner les similitudes entre le terroriste responsable de la boucherie en Norvège et d’autres terroristes responsables d’autres carnages plus près de nous. Leur fanatisme, leur absence de scrupules devant le fait de donner la mort, leur conviction d’agir au nom d’un idéal de pureté identitaire, leur haine des cultures différentes et le sentiment d’appartenir à un groupe assiégé font de tous les racistes-terroristes une même engeance.
Si le terrorisme parle une langue universelle de violence et de haine par delà les différences culturelles, qu’en est-il de l’autre universalité ? Celle des Droits humains, de L’Etat de droit, de la société civile, du respect de la dignité humaine… ?
Cela fait quelques années que des journaux annoncent la mort de Abdel kahar Belhadj, fils de Ali Belhadj. L’ancien N° 2 du FIS s’est même à plusieurs reprises rendu à Tizi-ouzou pour procéder à l’identification du corps de son fils. En vain à chaque fois. Cette image d’un homme convié par un article de presse à venir chercher au milieu des cadavres celui de son fils n’honore personne.
Cette semaine c’est dans l’explosion d’un véhicule qui, selon les journaux, devait servir à un attentat kamikaze que Abdelkahar aurait trouvé la mort. En même temps que deux autres terroristes.
Ce n’est pas la première fois que des terroristes sont annoncés pour morts et ensuite ressuscités. Par delà les questions de déontologie c’est au niveau de l’information officielle que le problème se pose. Est-il normal que l’on puisse annoncer par voie de presse la mort d’un citoyen algérien (fût-il terroriste) sans qu’aucune autorité ne se sente dans l’obligation de confirmer ou d’infirmer la nouvelle.
Des habitudes ont été prises en matière de parole et de silence des pouvoirs publics qui sont propices à tous les dérapages. Et ces dérapages se multipliant finissent par constituer une parole de substitution. Or cette parole, laissée au hasard des gesticulations haineuses ou des manipulations parle au lieu et place de l’Etat.
L’ignoble boucher du sanglant vendredi norvégien a été arrêté et présenté devant le juge sans la moindre ecchymose ni le moindre cri de haine.
Cela veut dire clairement que la différence entre la Norvège et d’autres pays moins démocratiques n’est pas à chercher du côté des terroristes mais du côté des Etats et des systèmes politiqu